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Que fait Jean-François, notre prof de bande dessinée, quand il n'est pas à l'Atelier d'à Côté ?

Publié le par Jean-Jacques Blain

Jean-François Miniac, notre professeur de BD, n'est pas qu'un dessinateur hors pair. Il scénarise des albums de bande dessinée avec des collègues dessinateurs.
Nous lui avons posé quelques questions pour en savoir plus.

Jean-François au tableau, à l'Atelier d'à Côté. 

Jean-François, tu as développé une activité de scénariste de bandes dessinées. Pourquoi cette orientation ? 
D'emblée, comme  dessinateur de BD, j'ai toujours eu le désir de raconter mes propres histoires. De facto, lorsque je dessinais pour Dieter, Di Giorgio, De Groot, Arleston ou François Rivière, ma frustation était grande. Sans évoquer l'amateurisme de l'un d'entre eux, évaporé quatre mois en laissant en plan l'éditeur et moi-même. Sans scénario bien entendu. C'est pourquoi je m'attache à être d'une régularité de métronome pour les dessinateurs avec lesquels je collabore. A l'époque, je m'étais heurté à la politique commune de grands éditeurs  qui, ayant davantage besoin de dessinateurs que de scénaristes et favorisant une poignée de scénaristes-maison, amis et/ou professionnels reconnus, restent généralement sourds aux appels du pied de leurs dessinateurs souhaitant s'émanciper. Ce fut le cas pour Soleil comme pour Glénat et Vents d'Ouest. De cette époque je regrette seulement de ne pas avoir répondu favorablement - et connement - à la proposition de collaboration de François Corteggiani, je crois que je me serais vraiment bien entendu avec lui, un passionné du genre.  Au final, c'est l'écriture de livres d'histoire narrative, entamée en 2008,  qui a conduit  quelques éditeurs généralistes ayant un secteur BD à me proposer de scénariser des albums.
Une page de crayonné d'Andréa Rossetto, le dessinateur qui travaille actuellement en duo avec Jean-François. L'assassinat de Marat par Charlotte Corday, comme si vous y étiez (cliquez sur l'image pour la voir en grand).

Une page de crayonné d'Andréa Rossetto, le dessinateur qui travaille actuellement en duo avec Jean-François. L'assassinat de Marat par Charlotte Corday, comme si vous y étiez (cliquez sur l'image pour la voir en grand).

Sur quoi travailles-tu actuellement ?
En matière de scénario BD, j'achève deux albums de BD historiques, l'un sur la Normandie, l'autre sur Richard Coeur de Lion. Surtout, je travaille actuellement sur un projet d'album historique en région Nouvelle-Aquitaine, projet dont il est prématuré d'évoquer le sujet même. Un projet avec un volet institutionnel puisqu'une commission de 12 personnes  représentant six entités doit valider l'aspect historique de  ce scénario probablement destiné à un  "roman graphique". Naturellement, ce peut être une belle usine à gaz ; un historien veillera à ce que cela soit fluide. Courant juin, je dois rencontrer un témoin de l'histoire dont le désir de transmettre son expérience aux jeunes générations par la bande dessinée est à l'initiative de ce beau projet encore en gestation sur le plan éditorial et graphique. L'ambition du comité d'historiens est en effet de passer par les fourches caudines d'un éditeur de renom pour donner un bel écho à ce titre... Puis, dernièrement, un collègue nouvellement directeur éditorial dans une maison BD vient de me proposer amicalement de travailler sur l'un des titres dont il prendra en charge la supervision.

Comment s'organise la collaboration avec le dessinateur, comme avec Andrea Rossetto actuellement ?
Avec Andrea comme avec Borch, la collaboration est totale, fine, fluide. A chacune des trois étapes, rough, crayonné et encrage, ils m'envoient leurs pièces de travail afin que j'y apporte mes suggestions, libre ensuite à eux de les prendre en compte ou pas. Rarement, je ne fais de remarques de dessin pur, car tous deux sont des dessinateurs de grand talent. Mon propos reste orienté sur la lisibilité, notamment sur le placement des bulles par rapport aux axes de lecture. Bref, c'est un travail d'intelligence collective pour le bien de la fluidité narrative. J'ai besoin d'admirer le travail du dessinateur pour lequel je scénarise.  D'expérience, mes deux déceptions ont été synonymes d'une moindre collaboration en amont, soit parce que le dessinateur ne livre son travail qu'achevé, encré voire mis en couleur, imposant ainsi une mise en scène parfois improbable à mon sens, voire refusant de corriger quelques erreurs flagrantes de perspective pour un vieux routier. Le souci des dessinateurs réalistes est qu'ils peuvent parfois s'appuyer sur de la documentation photographique et, dès lors, additionner plusieurs références iconiques dans une même case sans faire coïncider le tout dans une perspective générale. 
La vie de Richard Coeur de Lion en bande dessinée, dessinée par le dessinateur italien Andrea Rossetto, avec Jean-François Miniac au scénario.
La vie de Richard Coeur de Lion en bande dessinée, dessinée par le dessinateur italien Andrea Rossetto, avec Jean-François Miniac au scénario.

La vie de Richard Coeur de Lion en bande dessinée, dessinée par le dessinateur italien Andrea Rossetto, avec Jean-François Miniac au scénario.

Merci Jean-François pour avoir répondu à nos questions sur cet aspect de ta vie professionnelle, passé le mardi soir, jour des ateliers BD.

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